« Ce livre contient l'apologie de la jeunesse en tant que perte d'innocence, c'est à dire prise de conscience de sa propre valeur d'échange, de la beauté en ce qu'elle porte au désintérêt, la paresse, et au mépris de tout mérite, et plus généralement de la faiblesse, de la grâce et du manque d'appétit de ceux qui se savent convoités. Tout cela dans un univers sans Dieu et sans impératifs. C'est donc le ciel étoilé, et lui seul, qui éclaire ce Satiricon où les multiples personnages n'incarnent que quelques types, inlassablement répétés : la petite prostituée, le jeune maquereau, le vieux riche, la morte vivante, etc... Leur continuelle mise en abyme contribuera à la rassurante morosité des retrouvailles. Ici, des raisonnements en escaliers descendront dans les sous-sols de la conscience du héros, assez comparable en qualité de lumières et de fréquentation à des pistes de discothèques, et là, on s'avancera dans les couloirs de ses souvenirs tout aussi sombres, encombrés de monde et qui ne nous mèneront qu'aux miroirs de ses illusions, où les apparitions sembleront se succéder sans suite et sans fin dans la lente théorie de la névrose. dans la vie de Claude, dès l'adolescence et du fait d'un ressort cassé, tout ne fut que ecommencement, répétition, dégradation et en fin de compte : doux radotage. »

                        Simon Liberati, Anthologie des apparitions