... les  jours  passent vite alors qu'on aurait pu croire  le contraire lorsqu'on est là, assis, à attendre je ne sais quoi, à boire et à boire encore jusqu'à devenir le prisonnier des vertiges, à voir la terre tourner autour d'elle-même et du soleil même si je n'ai jamais cru à ces théories de merde que je répétais à mes élèves quand j'étais encore un homme pareil aux autres, faut vraiment être un illuminé pour débiter des énormités de ce genre parce que moi, à vrai dire, quand je bois mon pot, quand je suis assis peinard à l'entrée du Crédit a voyagé, je ne réalise pas que la terre que je vois là puisse être ronde, qu'elle puisse s'amuser à tourner sur elle-même et autour du soleil comme si elle n'avait rien d'autre à foutre que de se causer des vertiges d'avions en papier...

               Alain Mabanckou, Verre cassé