14 août 2009
Avions en papier
... les jours passent vite alors qu'on aurait pu croire le contraire lorsqu'on est là, assis, à attendre je ne sais quoi, à boire et à boire encore jusqu'à devenir le prisonnier des vertiges, à voir la terre tourner autour d'elle-même et du soleil même si je n'ai jamais cru à ces théories de merde que je répétais à mes élèves quand j'étais encore un homme pareil aux autres, faut vraiment être un illuminé pour débiter des énormités de ce genre parce que moi, à vrai dire, quand je bois mon pot, quand je suis assis peinard à l'entrée du Crédit a voyagé, je ne réalise pas que la terre que je vois là puisse être ronde, qu'elle puisse s'amuser à tourner sur elle-même et autour du soleil comme si elle n'avait rien d'autre à foutre que de se causer des vertiges d'avions en papier...
Un après-midi à la mer
François Ndolo : 1, 2
Du côté de chez Ohl
03 août 2009
Les merveilleux nuages
24 juillet 2009
L'Altermonde
Je vais pas vous raconter tout l'Empire... Si vous pouvez pas faire le voyage, alors lisez Sibéria... Vous en saurez-vivance plus que moult...et puis dépaysés serez... différentialisés serez... C'est ça qui compte!
Jean-Claude Albert-Weil, L'Altermonde
A la poursuite du bonheur
08 juillet 2009
Du désintérêt
Aussi a-t-on remarqué que c’est dans le moyen âge que les hommes sont le plus su-jets à ces langueurs de l’ame, à cette maladie intérieure, à cet état de vapeurs dont j’ai parlé. On court encore à cet âge après les plaisirs de la jeunesse, on les cherche par habitude et non par besoin ; et comme à mesure qu’on avance il arrive toûjours plus fréquemment qu’on sent moins le plaisir que l’impuissance d’en jouir, on se trouve contredit par soi-même, humilié par sa propre foiblesse, si nettement et si souvent, qu’on ne peut s’empêcher de se blâmer, de condamner ses actions, et de se reprocher même ses desirs.
D’ailleurs, c’est à cet âge que naissent les soucis et que la vie est la plus contentieuse ; car on a pris un état, c’est-à-dire qu’on est entré par hasard ou par choix dans une carrière qu’il est toûjours honteux de ne pas fournir, et souvent très-dangereux de remplir avec éclat. On marche donc péniblement entre deux écueils également formidables, le mépris et la haine, on s’affoiblit par les efforts qu’on fait pour les éviter, et l’on tombe dans le découragement ; car lorsqu’à force d’avoir vécu et d’avoir reconnu, éprouvé les injustices des hommes, on a pris l’habitude d’y compter comme sur un mal nécessaire ; lorsqu’on s’est enfin accoûtumé à faire moins de cas de leurs jugemens que de son repos, et que le cœur endurci par les cicatrices mêmes des coups qu’on lui a portés, est devenu plus insensible, on arrive aisément à cet état d’indifférence, à cette quiétude indolente, dont on auroit rougi quelques années auparavant.
04 juillet 2009
Le goudron, c'est bon
au mouton pourrissant dans les ruines d'oppède
la peur vide le ventre du mouton
comme elle vide celui de l'homme
il fiente
il fiente encore et meurt
que de la merde sèche demeure
en témoignage de sa lutte avec l'ange
ça
immonde
devenu son lit éternel
et sa carcasse par-dessus affalée
dans une ultime étreinte passionnée
possédant sa victoire fantôme
et
par elle
maintenant possédée
sa carcasse toujours exagérément gonflée
et de vent
et de fatigue
et d'angoisse
(...)
Henri Simon Faure, au mouton pourrissant dans les ruines d'oppède
















