Foire à tout

Un peu de tout, beaucoup de n'importe quoi

02 septembre 2009

Une lecture indispensable

Suis-je le seul à savoir qu'en l'église de Marsais, les deux lancettes de la fenêtre nord-est sont interverties ? Qui cela peut-il intéresser ? Quelqu'un de mes lecteurs aura-t-il lu cette note jusqu'au bout ? Qu'est-ce que tout ça peut foutre ?

          Philippe Billé, Journal documentaire 2002-2007

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24 juillet 2009

L'Altermonde

Je vais pas vous raconter tout l'Empire... Si vous pouvez pas faire le voyage, alors lisez Sibéria... Vous en saurez-vivance plus que moult...et puis dépaysés serez... différentialisés serez... C'est ça qui compte!

                  Jean-Claude Albert-Weil, L'Altermonde

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04 juillet 2009

au mouton pourrissant dans les ruines d'oppède

la peur vide le ventre du mouton
comme elle vide celui de l'homme
il fiente
                il fiente encore et meurt

que de la merde sèche demeure
en témoignage de sa lutte avec l'ange

ça
     immonde
                         devenu son lit éternel
et sa carcasse par-dessus affalée
dans une ultime étreinte passionnée
possédant sa victoire fantôme
et
     par elle
                   maintenant possédée
sa carcasse toujours exagérément gonflée
et de vent
                     et de fatigue
                                               et d'angoisse
(...)

                Henri Simon Faure, au mouton pourrissant dans les ruines d'oppède

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19 avril 2009

Tout commence autour de minuit

La Mort est la voyageuse invisible. L'Amoureuse qui prie pour que vienne la Nuit. Ce n'est pas une chasseresse, elle n'a pas besoin de chiens ; ni de la lente venue des cavalières d'hypnose - elle est plus fragile que les démons qui nous habitent et, quand elle tâche à nous saisir par la main, c'est de façon que nous ayons oubli gagné du patafar et de l'opaque qui nous étrangent, la délo, la délo, la délivrance sur son petit air de flûte...
(...)

              Francis Giraudet, Stylhouettes

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29 décembre 2008

Des nouvelles de Michel Ohl

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21 décembre 2008

The noises of the garden...

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Aram Saroyan

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02 décembre 2008

Notre temps

Nous étions les camarades des forêts pourtant,
Notre savoir ne reniait nulle nervure de l'herbe de la bête ou de l'âme
Aucune fidélité nous ne l'aurions méconnue
Et notre tâche aurait l'odeur de la terre l'été.

Nous caressions l'air en nous pour autre chose
Oui pour un autre air que rengaine de mort
Autre chose en nous se cherchait, s'édifiait,
Autre chose que ces marais où nous voici réduits.

                     Georges-Emmanuel Clancier, Le Paysan céleste

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29 septembre 2008

L'or du scaphandrier

    Sa  solitude  remontait à la plus haute antiquité,  à l'époque où  l'esprit  s'ennuyait ferme à planer sur les eaux. Souvent la veuve imaginait l'air ahuri du premier poisson prenant pied sur les terres émergées et considérant d'un oeil rond le monde de la surface, épuisé déjà par de millénaires efforts pour transformer ses nageoires en pattes et ses branchies en poumons. Un vent tiède soufflait des grandes forêts muettes et caressaient ses écailles fourbues. C'est ainsi qu'elle se représentait la naissance de la vie au grand air, et elle se ressentait encore de cette fatigue des premiers âges.

             Jean Rolin, L'or du scaphandrier

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10 septembre 2008

La Grande Tapisserie

...

Encore un château plein de vitres, encore des sapins
Noirs qui font un gouffre tourbillonnant, - et encore
Un commis de boucherie sur son vélo qui file livrer
Aux cuisines le gîte-gîte ou l'aloyau. Et qui va encore
Se demander où diable peuvent donc se trouver les
Autres cuisines : il n'en a jamais vu qu'une et encore
L'a-t-on rarement fait entrer. Encore à telle fenêtre
Cette jeune châtelaine, écartant, oh, trois centimètres,
_

Le rideau du bout de ses doigts. - Eh bien nous voilà
Dans nos chambres assis sur les lits, nos mains posées
Tristement sur nos cuisses, nos têtes baissées ; à peine
Osons-nous regarder nos ongles, garçon. Pas un son :
Pas un mouvement. - Non, que tout simplement l'on
Nous laisse là. Et pas un regard, surtout pas! Ecoutez,
Faites comme si nous n'avions jamais existé, voilà, oui
- Jetez sur nous la grande vieille tapisserie de l'oubli.

                      Ivar Ch'Vavar, La Grande Tapisserie
_

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08 septembre 2008

Autrefois

Les sangliers traçaient parfois dans la neige d'immenses voies bouleversées ; l'ombre des vieilles femmes derrière les vitres nous effrayait. A l'aube nous écoutions le vent dans les genèvriers. Quelqu'un dans une cage exhiba le rat qui venait de s'y prendre et frémissait d'une extraordinaire fureur. - Il est enragé, dit-il. Nous portions à l'époque aux adultes un respect confiant.

                         Roger Kowalski

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